En chiffres et en graphiques : Les parents, leurs enfants et les drogues : une affaire collective

juillet 2025

La littérature atteste que la situation familiale, notamment l’appartenance socio-économique, joue un rôle important dans la consommation de substances chez les jeunes. Les jeunes issu·es de familles de faibles niveaux socio-économiques sont plus susceptibles d’expérimenter et de consommer des drogues illégales autres que le cannabis. En cause ? Les facteurs environnementaux tels que la pauvreté, un accès plus limité aux ressources éducatives et les facteurs psychosociaux.

Les élèves issu·es de familles recomposées sont également davantage susceptibles de consommer de l’alcool, d’expérimenter des drogues illicites (hors cannabis) et de consommer deux ou trois substances psychoactives (alcool, tabac ou cannabis) de façon hebdomadaire que les élèves issu·es de familles biparentales. Même constat pour une consommation quotidienne de tabac ou pour une consommation hebdomadaire de cannabis. Les adolescent·es qui vivent dans des familles biparentales bénéficieraient en effet souvent « d’une structure familiale plus stable, d’une meilleure supervision parentale, d’un soutien émotionnel plus complet, et d’un environnement familial moins conflictuel ».

Enfin, les élèves qui se sentent soutenu·es émotionnellement par leurs parents (affection, compréhension et communication ouverte) sont également moins susceptibles de consommer des substances psychoactives.

Source : Bulletin socio-épidémiologique Bruxelles. Prévention des usages de drogues et addictions auprès des jeunes en Région de Bruxelles-Capitale, Eurotox, décembre 2024.

Tableau en p. 21 de https://eurotox.org/wp/wp-content/uploads/Bulletin_Prevention_Jeunes-Bruxelles2.pdf

En Belgique, le nombre de familles monoparentales est en constante augmentation depuis les années 2000 (+26 % entre 2003 et 2023) et ce sont les femmes qui restent largement majoritaires à leur tête (80,6 % des situations en 2023). Or le risque de pauvreté des familles monoparentales est particulièrement élevé en raison, notamment, des difficultés à concilier la prise en charge des enfants et la participation au marché du travail1. En 2025, 28,1 % des familles monoparentales étaient concernées par un risque de pauvreté subjective contre 15,5 % de la population globale2.   

Source : Banque Carrefour de la Sécurité Sociale (BCSS), sur https://www.genderstat.be/fr/themes/population/menages-familles

Limitation des allocations de chômage dans le temps : des familles fragilisées

  • 830 €. C’est l’écart négatif avec le seuil de pauvreté monétaire après le basculement du chômage vers le CPAS d’un ménage dont les deux parents sont chercheurs d’emploi et qui ont un enfant de trois ans. À la suite des mesures de limitation des allocations de chômage après deux ans prises par le gouvernement Arizona, ce ménage devrait voir ses revenus passer de 2 263 € (soit 552 € sous le seuil de pauvreté) à 2 012 € (soit 803 € en dessous du seuil de pauvreté).
  • 387 € sous le seuil de pauvreté. Dans la situation d’une famille avec un enfant dont le mari gagne 2 191,57 €/mois et la femme perçoit des allocations de chômage de 745,94 €/mois en tant que cohabitante, la perte de revenus devrait se monter à près de 700 € par mois. En effet, la mère n’aura pas droit à une allocation du CPAS. La famille devra survivre chaque mois avec 2 427,82 € (allocations familiales comprises), soit 387 euros en dessous du seuil de pauvreté, alors qu’elle touchait auparavant un revenu total de 3 123,65 € par mois.

Ces estimations ont été réalisées par la Ligue des familles en prenant en considération les revenus des familles, allocations familiales comprises, au sein de l’étude « Exclusions du chômage : ces familles particulièrement fragilisées. Enjeux familiaux de la limitation à 2 ans maximum des allocations de chômage », juin 2025, à découvrir sur https://liguedesfamilles.be/analyses-et-etudes    

1.https://www.genderstat.be/fr/themes/population/menages-familles

2.Un individu est considéré comme en situation de pauvreté subjective lorsque la personne de référence de son ménage déclare que celui-ci parvient difficilement, voire très difficilement, à boucler son budget. Données issues de « Plus de 1,9 million de Belges courent un risque de pauvreté ou d’exclusion sociale », Stabel, 5 février 2026.