La prévention des assuétudes, lorsqu’elle est envisagée sous l’angle de la promotion de la santé, vise à renforcer les ressources et les capacités des individus dans leur rapport aux substances licites et illicites. Elle prend appui sur les représentations sociales, les comportements d’usage et leurs fonctions, sans faire appel au jugement et en priorisant la mobilisation des ressources et compétences des jeunes en développement. A l’opposé, on peut trouver des approches dites de « prévention par la peur » qui mobilisent les émotions négatives en focalisant exclusivement le propos sur les risques sanitaires, sociaux et judiciaires associés à l’usage, dans l’espoir que cela suffise à dissuader les consommations.
Le contexte prohibitionniste actuel s’illustre par son inefficacité et sa contre-productivité tant pour la santé publique que pour l’ordre social. Les cadres législatifs prohibitifs, malgré leur sévérité, n’ont pas réussi à réduire les consommations, que ce soit en Belgique ou dans les autres pays où ils s’appliquent. Les politiques de répression des drogues ont même de lourdes conséquences sanitaires, sociales et sécuritaires : entraves à l’accès aux soins, stigmatisation, précarisation et exclusion sociale des usager·es, détérioration des conditions de production et de consommation, etc.. Elles mobilisent des ressources humaines et économiques considérables, tout en incitant à la violation des droits humains, principes fondamentaux des sociétés (Pompidou Group, 2017 ; 2022 ; Global Commission on Drugs, 2017 ; 2024).
Les stratégies reposant sur la peur sont peu efficaces pour prévenir l’usage de drogues (UNESCO/UNODC/OMS, 2018). Et à l’instar de la prohibition dont elles sont issues, elles peuvent même s’avérer contre-productives, dans la mesure où elles favorisent stigmatisation, marginalisation et exclusion sociale. En autorisant des mesures répressives (fouille à corps, test de dépistage, chiens renifleurs, etc.), l’école se désinvestit parfois de sa fonction éducative au profit d’une réponse punitive symboliquement violente envers une population pour la plupart mineure. À l’inverse, les approches en milieu scolaire centrées sur la promotion de la santé et le bien-être dès le plus jeune âge ont démontré leur efficacité à prévenir l’usage et à influencer positivement les comportements associés. Ces interventions centrées sur le développement de compétences s’inscrivent dans la continuité des missions pédagogiques de l’école. En raison de sa nature fondamentalement éducative, la prévention est ainsi incompatible avec le recours aux méthodes répressives, à l’image des opérations « anti-drogues » envers les mineur·es.
Sur la scène internationale, on retrouve une vaste palette d’actions qui visent à prévenir l’usage de substances psychoactives chez les jeunes. Différents programmes d’intervention en prévention des assuétudes ont bénéficié d’évaluations scientifiques positives et d’exportations au-delà de leur territoire d’expérimentation. Ils offrent des pistes intéressantes pour envisager leur implantation en Belgique, en s’appuyant sur les modalités qui ont contribué à leur succès. L’école est un lieu idéal pour mettre en place des programmes d’information, de sensibilisation et de prévention relatifs à la consommation de drogues, dans la mesure où elle permet d’atteindre la majorité des jeunes dans un contexte dévolu à la transmission de connaissances et à l’apprentissage. L’école est également un environnement pouvant contribuer au repérage précoce des usages problématiques, à condition que celui-ci ne soit pas une occasion de stigmatiser, confronter ou marginaliser les jeunes usager·es, et que l’intervention ou l’orientation qui en découlent ne soient pas coercitifs mais bénéficient de l’adhésion des jeunes concerné·es.
Le présent article propose un tour d’horizon synthétique des principaux programmes mis en place en milieu scolaire qui ont fait l’objet d’une évaluation scientifique attestant de leur efficacité. Il convient d’être attentif·ve au fait que certains jeunes, plus vulnérables, ne fréquentent pas le milieu scolaire classique où ces programmes sont généralement dispensés. Des actions spécifiques dans d’autres milieux de vie sont dès lors nécessaires pour les toucher (e.g. services de protection de la jeunesse, enseignement spécialisé ou en alternance).
Le Good Behavior Game est un programme de prévention axé sur le développement des compétences psychosociales, destiné aux enfants de 6 à 10 ans. Porté par l’American Institutes for Research (AIR) aux Etats-Unis, il s’est ensuite exporté à l’international. Ce programme comprend des séances pluri-hebdomadaires de jeux qui s’articulent sur les leçons habituelles, selon quatre principes : le respect des règles de la classe, le sentiment d’appartenance au groupe, l’observation active des comportements par l’enseignant·e, et la délivrance de renforcements positifs et feedbacks en fin de leçons. L’objectif est d’apaiser le climat scolaire et de favoriser l’acquisition de diverses habiletés cognitives et compétences psychosociales émotionnelles, cognitives et sociales (confiance en soi, autonomie, coopération, capacités de négociation, verbalisation des émotions etc.) lors de sessions d’enseignement des matières scolaires.
Le GBG a démontré son efficacité en santé publique grâce à plusieurs évaluations scientifiques (voir Kellam et al., 2011 ; 2014, pour des revues de littérature), qui ont mis en évidence un impact à long terme sur la prévention des conduites addictives et d’autres comportements à risque, mais aussi sur les comportements délinquants et diverses problématiques de santé mentale (e.g. dépression, anxiété, hyperactivité). Il fait actuellement l’objet d’un déploiement dans plusieurs départements français, sous l’égide de Santé Publique France. En Belgique, le programme a été évalué dans un essai contrôlé randomisé, qui a mis en évidence des effets positifs significatifs sur l’implication scolaire et le développement de comportements agressifs chez les enfants présentant initialement une faible propension à participer activement aux activités de groupe (Leflot et al., 2013).
Le projet SHAHRP (School Health and Alcohol Harm Reduction Project) propose d’intégrer la prévention et la réduction des risques (RDR) liées à la consommation d’alcool dans les classes de l’enseignement secondaire, respectivement lors des périodes précédant et suivant le début de la consommation (entre 13 et 15 ans). Deux phases d’une dizaine de cours chacune, espacées d’un an, proposent à l’ensemble des élèves un enseignement interactif sur les capacités de prise de décision et sur des stratégies de RDR appropriées. Les activités, diversifiées (diffusion d’informations, développement de compétences, prise de décision individuelle et collective, discussions basées sur des scénarios suggérés par les élèves, identification des méfaits liés à l’alcool et des stratégies pour les réduire…), sont encadrées par les enseignant·es et soutenues par un manuel pédagogique dédié aux enseignant·es. Ce programme a fait l’objet d’évaluations longitudinales, qui mettent en évidence un effet positif immédiat et différé sur la consommation d’alcool, sur la consommation nocive, et sur la survenue de dommages liés à l’usage d’alcool (McBride et al., 2004 ; McKay, McBride, Sumnall, & Cole, 2012). Suite à ces évaluations, l’intérêt pour SHAHRP s’est répandu tant au niveau national qu’international.
Les interventions universelles ciblant les adolescent·es ayant fait l’objet d’évaluations positives comportent généralement deux volets : le premier vise à informer les jeunes sur les produits (effets, risques…) lors de séances interactives dont l’objectif est de corriger les représentations erronées (en confrontant les attentes, la perception des normes d’usage et des risques…) ; le second volet cherche à développer les compétences psychosociales, afin de renforcer l’autonomie dans la prise de décision (autrement dit, diminuer l’influence sociale).
Unplugged est un programme de prévention des assuétudes à destination des élèves du 1er degré du secondaire (12-14 ans). Développé à l’origine au sein du « Projet EU-Dap » dans sept pays de l’Union Européenne, il a été implanté en France depuis 2013 par l’Observatoire Territorial des Conduites à Risques de l’Adolescent (OTCRA) avec la collaboration d’un ensemble de partenaires (Fédération Addiction, Ministère de l’Education nationale, Santé Publique France, etc.). L’accent est mis sur l’alcool, le tabac et le cannabis, avec une ouverture sur les conduites addictives liées aux écrans et aux jeux vidéo. Ce programme vise à outiller les enseignant·es et éducateur·rices afin qu’iels puissent aborder ces thématiques avec les élèves lors d’une douzaine de leçons d’environ 1h, qui portent sur les connaissances et les attitudes relatives aux produits, ainsi que sur les compétences personnelles et interpersonnelles.
Le programme a fait l’objet d’une évaluation positive dans plusieurs pays européens (EUDA, 2022). Des évaluations objectives randomisées ont mis en évidence un effet bénéfique de ce programme sur la consommation d’alcool (Caria et al., 2011 ; Faggiano et al., 2010) et d’autres produits (Vigna-Taglianti et al., 2014) mais aussi sur le climat scolaire perçu par les élèves. Une étude de type coût-bénéfice menée par Santé Publique France sur ce programme, dont la publication est imminente, montre d’ailleurs que chaque euro investi est associé à un retour sur investissement relativement important.
Le Good Behavior Game prouve qu’agir dès l’enfance sur le climat scolaire protège durablement.
Au-delà des approches universelles visant à toucher indistinctement tou·tes les élèves, les interventions sélectives et indiquées sont essentielles pour toucher les populations les plus à risque. A l’instar du programme canadien Preventure, ces types de programmes ciblent de manière plus individuelle certains publics spécifiques. En travaillant sur les déterminants des usages de drogues et plus généralement de la santé, en renforçant les facteurs de protection et en réduisant les facteurs de risque, les interventions ciblées visent à favoriser les compétences, les ressources et les outils nécessaires pour agir positivement sur la santé. Elles impliquent donc une bonne connaissance des publics à risque, des déterminants, ainsi que des stratégies susceptibles d’influencer ces facteurs, d’où la nécessité d’une forte articulation entre la recherche et la pratique (Lamboy et al., 2011).
Le programme Preventure a été développé par la Dre Conrod, psychologue clinicienne et professeure en psychiatrie à l’Université de Montréal. Il se base sur le principe des interventions brèves. Il cible spécifiquement les jeunes âgé·es de 12 à 17 ans porteur·ses de certains traits de personnalité susceptibles d’influencer les comportements de prise de risques et la santé mentale, et considérés comme à risque par rapport à l’usage d’alcool et de drogues illégales (à savoir l’impulsivité, la recherche de sensation, l’anxiété et la négativité). Les élèves présentant ces traits sont préalablement repéré·es à l’aide d’un questionnaire de criblage validé. Iels sont ensuite invité·es à participer à deux interventions brèves basées sur l’entretien motivationnel et les thérapies cognitivo-comportementales, en petits groupes partageant le même trait de personnalité. L’objectif du programme n’est pas de modifier la personnalité des jeunes mais d’en réduire l’impact négatif sur les comportements à risque.
Ce programme a fait l’objet de plusieurs revues des essais randomisés contrôlés menés au Canada et ailleurs (voir Conrod, 2016 ; Edalati & Conrod, 2019), qui mettent en évidence des effets bénéfiques à court et moyen termes au niveau de différents indicateurs d’usage d’alcool (prévalence d’usage, binge drinking, problèmes liés à l’alcool) et d’autres substances psychoactives, mais aussi relatifs à la santé mentale.
Si une telle approche structurelle est plus lourde à mettre en œuvre, l’intégration de la prévention au programme scolaire obligatoire semble être la plus cohérente et efficace sur le long terme. Elle permet d’appréhender l’ensemble des comportements d’usage susceptibles d’impacter la santé des jeunes et des futur·es adultes, en les intégrant dans une approche plus globale de promotion des modes de vie sains. Ces matières peuvent être facilement articulées et intégrées à des cours déjà existants (biologie, morale, philosophie et citoyenneté…) et dispensées de manière progressive tout au long de la scolarité, en adaptant la forme et le contenu à l’âge des enfants/adolescent·es, à leurs préoccupations et à leurs représentations. Ce type de programme favorise le développement de compétences et attitudes qui agiront durablement comme facteurs de protection par rapport à l’usage (et le mésusage) de substances psychoactives et aux risques associés.
En Ukraine, depuis près de 20 ans, toutes les écoles sont chargées de dispenser aux jeunes de l’enseignement primaire et secondaire des programmes de prévention de la consommation de substances psychoactives. Directement intégrés à certaines disciplines obligatoires, ils abordent les questions d’usage de substances psychoactives sous l’angle de la valorisation des modes de vie sains. Ils visent à promouvoir des attitudes positives en matière de santé et cherchent à développer les compétences psychosociales des élèves. Les différents produits (alcool, tabac, drogues illégales, médicaments psychotropes) sont abordés successivement en fonction de l’âge des élèves, sous l’angle de leur influence sur le corps humain et celui des risques et conséquences sur la santé et sur le bien-être. Le programme est proposé dans une démarche de promotion de la santé, en évitant l’intimidation et la diffusion de messages suscitant la peur.
Ce programme de prévention a bénéficié d’une première évaluation quelques années après son instauration. Entre 2004 et 2007, celle-ci montre une diminution de la prévalence de l’ivresse et de l’usage de tabac sur la vie chez les élèves de 15-16 ans, une diminution par ailleurs objectivées via l’enquête ESPAD au niveau de la plupart des substances psychoactives investiguées.
Au début des années 1990, l’Islande faisait face à une augmentation préoccupante de la consommation de drogues chez les jeunes. Les stratégies traditionnelles de prévention, axées sur l’information et la sensibilisation, s’avérant inefficaces, une étude innovante a été mise en œuvre sous la direction de Harvey Milkman, psychologue américain. Cette approche, qui s’appuie sur des théories sociologiques et criminologiques de la déviance, privilégie la compréhension des comportements au travers des facteurs sociaux et environnementaux plutôt que des caractéristiques individuelles. L’Islande, en raison de sa faible population et son insularité, offrait un terrain idéal pour ce type d’expérimentation à grande échelle.
Cette étude a mené à l’élaboration d’un modèle par le cabinet de consultance Planet Youth , s’appuyant sur la recherche internationale et la mobilisation locale. Il se structure autour de 5 principes directeurs : (1) améliorer l’environnement social par une prévention structurelle, (2) renforcer l’action communautaire en impliquant les familles et les écoles, (3) favoriser la prise de décision éclairée des membres de la communauté grâce à l’accès à des données locales de qualité, (4) intégrer chercheur·ses, décideur·ses, praticien·nes et citoyen·nes dans une démarche collaborative, et (5) adapter les interventions à l’évolution des problématiques tout en privilégiant une action sur le long terme.
Les mesures adoptées en Islande combinent soutien et contrôle, notamment : l’instauration d’un couvre-feu pour les jeunes de 13 à 16 ans afin de privilégier le temps en famille plutôt qu’à l’extérieur, la création d’organisations parentales afin de favoriser leur engagement, l’augmentation de l’âge légal pour acheter des cigarettes (18 ans) et de l’alcool (20 ans), l’interdiction de publicité pour ces produits, et un investissement important du gouvernement dans les activités extrascolaires, via l’allocation de chèques permettant de prendre en charge les frais d’inscription.
Fort de ses résultats frappants (Sigfúsdóttir et al., 2008), le modèle islandais a ensuite été exporté dans des dizaines de pays, en général au niveau local ou régional, ce qui limite le spectre des mesures qui peuvent être prises (en matière de publicité, par exemple). Ce modèle propose une approche novatrice et efficace pour aborder les comportements à risque des jeunes à travers le prisme de la santé et du bien-être global. Non conçu pour une application directe, il nécessite une adaptation au contexte social et culturel du territoire (Guiheneuf, C., Malengreaux, S. & Aujoulat, I., 2024). Sa mise en œuvre repose sur un engagement politique à long terme et sur la reconnaissance de la recherche scientifique comme fondement essentiel.
La recherche a mis en évidence que les approches préventives centrées sur la peur et l’émotionnel sont inefficaces voire contre-productives. Il est également illusoire de penser qu’une action ponctuelle et isolée puisse à elle seule contrebalancer l’influence des fragilités individuelles et des représentations sociales transmises par les pairs, par la famille ou encore par la publicité et les médias, notamment sur l’alcool, largement véhiculées dès le plus jeune âge (Chapoton, Russell & Régnier-Denois, 2016). Il s’avère ainsi que les approches de sensibilisation qui se limitent à proposer une information sur les produits et les risques associés sont également inefficaces. L’accès à l’information constitue donc une condition nécessaire mais non suffisante à la modification des comportements.
Il est dès lors crucial de fonder les interventions sur les données probantes et les recommandations existantes, issues des diverses expérimentations internationales, afin d’assurer leur efficacité. Les approches basées sur le développement des compétences psychosociales soulignent l’intérêt d’initier une démarche préventive dès l’enfance, dans la mesure où leurs bénéfices ne se limitent pas à la prévention des comportements d’usage, car elles permettent aux jeunes d’acquérir des compétences transversales qui agiront positivement tout au long de leur vie sur le bien-être psychologique, les relations sociales, les comportements de santé, l’empowerment, et les capacités de résilience. Les programmes spécifiques qui abordent les conduites addictives de manière interactive et participative à l’adolescence ont également prouvé leur intérêt. Enfin, les programmes spécifiques à destination des jeunes qui présentent certaines fragilités peuvent également contribuer à diminuer certaines inégalités de santé. Au-delà de ces programmes, la réduction des inégalités sociales de santé exige une intervention à la fois précoce et inscrite dans la durée sur l’ensemble des déterminants de santé afin de limiter le cumul des fragilités et des facteurs de risque. Cela n’est possible qu’en développant une approche globale et intégrée qui favorise le développement d’attitudes positives et protectrices en matière de santé à activant un maximum de leviers, à l’instar du modèle islandais.
En Fédération Wallonie-Bruxelles, entité compétente en promotion de la santé en milieu scolaire, force est de constater que les initiatives de prévention se font rares et rencontrent des obstacles dans leur mise en place et leur fonctionnement. Les projets pilotes permettant de faciliter la mise en place d’actions de prévention en milieu scolaire (à savoir les Points d’Appui Assuétudes et le dispositif de référent·es assuétudes mis en place dans le cadre du Pacte pour un enseignement d’excellence) rencontrent de fortes instabilités structurelles ou sont actuellement à l’arrêt. Les opérateurs financés dans le cadre de la Promotion de la santé souffrent d’un manque de moyens, et aucun dispositif structurel n’est actuellement mis en place afin de garantir, à chaque enfant et adolescent·e, l’accès à un programme de prévention adéquat. Dans ce contexte, les écoles ont trop souvent tendance à adopter une approche réactive, lors de la survenue de problèmes de consommation dans leur enceinte, et l’espace est propice à l’apparition d’opérateurs ou actions moins légitimes. Des dispositifs et acteurs hors cadre scolaire sont certes susceptibles d’agir positivement sur la santé et le bien-être des jeunes, mais ils ne permettent pas de toucher tou·tes les jeunes.
Malgré un consensus politique sur le renforcement nécessaire de la prévention (Szoc, 2024), la concrétisation de programmes pérennes et ambitieux, en phase avec les demandes du secteur – telles que relayées par la plateforme Agir en prévention (De Crombrugghe, 2024) – reste actuellement lettre morte. A ce jour, la prévention souffre d’un sous-financement, au profit d’une logique répressive prédominante et solidement ancrée (CGPD, 2024). Pourtant, les initiatives de réduction de la demande, telles que la prévention, permettent de générer des retombées positives majeures sur les plans sanitaire, social et économique. Les analyses de type coût-bénéfice ont ainsi mis en évidence que ces programmes produisent des retours sur investissement importants, en raison des dommages sociaux et sanitaires liés aux usages qu’ils permettent de prévenir, de la réduction de la charge sur les services de traitement des problèmes d’addiction et de santé mentale, sur les services sociaux et sur le système judiciaire, mais également en raison de l’augmentation du taux d’emploi et des recettes fiscales associées (Lee et al., 2012). Il est étonnant que les Ministères en charge de l’éducation et de la santé ne soient pas plus sensibles à ces arguments économiques, les politiques publiques étant de plus en plus menées avec des logiques managériales.
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Pour en savoir plus sur la situation épidémiologique de l’usage de drogues chez les jeunes en Wallonie et à Bruxelles et sur les programmes de prévention : Bulletin socio-épidémiologique sur la prévention des usages de drogues et addictions auprès des jeunes, bientôt disponible sur le site d’Eurotox : https://eurotox.org/publications/nos-publications/ |