Dans le cadre du réseau Safe ta night, le Crébis et l’asbl Modus Vivendi ont mené deux enquêtes sur les violences subies par les personnes LGBTQIA+ et racisées en milieux festifs. Ces analyses quantitative et qualitative mettent en lumière des violences spécifiques, peu documentées et souvent invisibilisées.
Disclaimer – Les conclusions sont dressées dans une optique exploratoire. En cause : la difficulté de constituer un échantillon suffisamment représentatif. Bien que les questionnaires aient été diffusés par les asbls de terrain, il reste encore compliqué de récolter les récits et vécus des personnes LGBTQIA+ et racisées. Entre réticences et peur du traitement réservé à l’analyse des données, le lien de confiance avec le milieu de la recherche est encore fragile. Les conclusions présentées ci-dessous sont donc à prendre comme une première étape vers un meilleur accueil des personnes concernées.
326 réponses furent collectées via l’enquête quantitative, dont 134 complétées intégralement. Ces premiers chiffres illustrent la difficulté de toucher le public cible de l’enquête, les personnes LGBTQIA+ et/ou racisées.
Parmi elles, plus de la moitié affirme avoir déjà essuyé des remarques déplacées et un tiers rapportent avoir été attouché·e sexuellement au moins une fois au cours de l’année écoulée. Les violences sont multiples allant du tacle sexiste à l’agression physique.
Plus les discriminations se cumulent – identité de genre, orientation sexuelle, race – plus les répondant·es témoignent du fétichisme et de l’exotisme dont elles sont victimes. L’étude précise que « les personnes racisées subissent davantage les violences sexuelles sans contact tels que le voyeurisme et l’exhibitionnisme ».
Cependant, celle-ci souligne aussi que la plupart des participant·es « se montrent réticent·es à faire le lien entre consommation et violences sexuelles, de peur que cette association ne renforce les logiques de culpabilisation des victimes ». L’une des recommandations émanant de l’étude étant que la consommation doit être considérée comme un facteur rendant vulnérable et non comme une faute commise.
57% de ces violences ont eu lieu après consommation volontaire de produits (alcool, médicaments, drogues)
56% des personnes ont subi au moins une triple discrimination, ce qui accroît leur exposition aux violences sexuelles
80% des personnes interrogées souhaiteraient avoir accès à davantage d’espaces communautaires, sécurisants et inclusifs
Les répondant·es de cette étude déclarent consommer principalement de l’alcool, le cannabis et les médicaments psychotropes arrivent largement derrière. Ces substances semblent être consommées ponctuellement lors de soirées festives. Si l’échantillon de cette étude est difficilement représentatif, il permet tout de même de dégager le souhait concret de création de nouveaux espaces festifs. En effet, la nature du lieu influence forcément les risques que ce soit par la pénombre ou encore la proximité qu’ils engendrent : les concerts et after parties étant propices aux attouchements. S’ajoutent le souhait d’améliorations précises des lieux existants comme une signalétique inclusive, un éclairage adapté, du personnel correctement formé ou des protocoles clairs et adaptés aux personnes concernées qui doivent être systématiquement incluses dans les réflexions.
La totalité des conclusions de l’enquête Violences sexistes et sexuelles en milieux festifs vécues par les personnes LGBTQIA+ et/ou racisées sont à retrouver sur https://modusvivendi-be.org/