Ecole : 2018, la Révolution du bermuda !

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Logan Verhoeven est chargé de projets au Comité des Elèves Francophones

Le mois de juin marque souvent le début des températures estivales, et cette année tout particulièrement avec des températures avoisinant les 30 degrés. Quand il fait chaud, le réflexe est de s’habiller de façon plus légère. Sauf que… C’était sans compter les Règlements d’Ordre Intérieur (R.O.I.) des écoles ! Ni une, ni deux, les élèves s’organisent. Aux shorts, citoyens !

Les R.O.I1 définissent entre autres le code vestimentaire et ses interdictions, basées tantôt sur de vieilles traditions, tantôt en réaction à la mode d’aujourd’hui qui ne s’intègre pas dans les habitudes du monde scolaire. Nombreuses écoles interdisent donc le port du short ou du bermuda aux garçons.

C’est dans ce cadre que le Comité des Elèves Francophones félicite et encourage les initiatives portées par des élèves réclamant juste le droit de ne pas mourir de chaud dans un pantalon, alors que les filles peuvent, elles, porter une jupe…

Effet « boule de neige »

Des élèves d’Enghien ont d’abord initié le mouvement en arrivant dans leur école en short ou en bermuda. Les jours et les semaines suivantes, des élèves d’un peu partout en Wallonie et à Bruxelles ont sollicité leur direction pour pouvoir porter des shorts et revoir ainsi leur règlement d’ordre intérieur. Le résultat fut assez mitigé. Dans certaines écoles, les élèves ont réussi à faire céder la direction pour revoir le R.O.I. Dans d’autres, le port du short n’a été accordé que de façon temporaire. Et pour quelques autres encore, l’interdiction est restée d’application. La sollicitation des médias par les élèves aura sans doute eu un impact dans les décisions de nombreuses écoles d’autoriser ou non le port du short ou du bermuda.

 « En plus de permettre d’élever notre voix, en passant par les médias par exemple, la désobéissance crée des liens entre les élèves et on se rend compte que l’on peut créer un rapport de force face à la direction. »

De la révolution du bermuda à la revendication de droits égaux et non discriminatoires !

En creusant plus dans les règlements des écoles, on s’aperçoit vite que c’est l’absurde et l’arbitraire qui règne en matière vestimentaire. Certaines interdisent les bretelles. Les unes réclament juste une tenue correcte sans préciser les critères de jugement. Les autres interdisent les tenues « trop » courtes ou « trop » longues ou « trop » transparentes ou « trop » échancrées, … sans jamais définir ce qu’on entend par « trop ».

Dans la plupart des établissements, c’est à la direction qu’il revient « d’apprécier » la correction de la tenue ou des excentricités. Ce manque de cadre donne lieu à des situations incroyables où, par exemple, pour une même blouse, une élève sera jugée décente et une autre, avec une poitrine plus volumineuse, non. Nous avons même relevé le cas d’une école dans laquelle « la tenue est soumise à l’appréciation du directeur. Le refus de l’élève de se conformer à cette appréciation peut être un motif d’exclusion définitive. » Cette règle est complètement abusive et en totale contradiction avec le décret Missions, qui définit clairement les modalités d’une exclusion définitive.

Pour le Comité des Élèves Francophones, les élèves doivent prioritairement être associé.e.s à la rédaction des règles en matière vestimentaire. Nous demandons de :
- définir collectivement, avec l’ensemble du personnel éducatif, les tenues permises ou non à l’école.
- fixer des critères clairs et objectifs
- justifier et expliquer les éventuelles interdictions
- appliquer le règlement à tou.te.s sans discrimination d’aucune sorte (liée à l’âge, au genre, …).
Nous comptons donner suite à la mobilisation des jeunes pour lever l’interdiction de porter un bermuda à l’école, campagne à venir donc !

1. Ces règlements, propres à chaque établissement scolaire, font la loi des écoles et nous pouvons y retrouver, entre autres, les types de sanctions, les absences, les retards, les évaluations…