Notre demarche

La spécificité de l’équipe de Prospective Jeunesse est de travailler avec les adultes-relais, c’est-à-dire tous les adultes qui sont en contact avec des jeunes dans leur contexte professionnel (ou privé), toute question relative aux usages de drogues dans une perspective anthropologique de réduction des risques et de promotion de la santé

Cette dernière implique une approche multidisciplinaire qui vise notamment à analyser au cas par cas de toute demande formulée à notre équipe, sans a priori d’aucune sorte. Pour Prospective Jeunesse, il est essentiel de « décoder » la demande avant d’intervenir, de ne pas être alarmiste, de construire et de mettre en place les structures nécessaires pour devancer des situations problématiques qui pourraient se reproduire dans le futur.

Ainsi, nous pensons contribuer à élaborer des stratégies de réflexion et d’action à effet préventif en synergie avec tous les acteurs concernés.

Les interventions de l’asbl sont construites dans une optique à long terme, considérant que les démarches de prévention ne se font ni dans l’urgence ni de manière ponctuelle. Notre démarche a une visée participative comprenant un travail d’évaluation systématique et permanent du processus d’intervention. Toute évaluation se fait en concertation avec les différents acteurs.

 

Les principes de la promotion de la santé guident nos actions auprès des adultes s’occupant de jeunes:

Toute personne encadrant des jeunes est actrice de prévention

Nous aidons les personnes à mieux prendre conscience des ressources et des compétences qu’elles déploient, parfois sans s’en rendre compte, en matière d’accompagnement des jeunes.

Tout usage est à comprendre dans une globalité

Tout usage est à comprendre dans une globalité de la personne et du contexte dans lequel il s’inscrit. Notre démarche est d’avoir une lecture globale des usages de drogues dans leur complexité, en particulier : parler en termes d’usages plutôt qu’en termes de produits, prendre en compte les déterminants de la santé, interroger les motivations, fonctions et besoins en lien avec les usages. Tout usager est avant tout « acteur » de sa consommation et donc des solutions à apporter aux difficultés rencontrées.

Tout usage est complexe

Nous partons du constat qu’on ne peut éradiquer ni les drogues ni les prises de risques, en particulier chez les jeunes. Par contre, nous misons sur le fait d’en diminuer les problèmes qui peuvent être rencontrés, si possibles avant que ces derniers n’apparaissent. Cette démarche nécessite du temps.

Les stratégies de prévention

Nous mettons en œuvre des pratiques de prévention efficaces et respectueuses des personnes et de la société, notamment :

  • en recourant à des stratégies multiples de prévention (respect des règles collectives, information, aide, autonomisation) ;
  • en reconnaissant et renforçant la compétence des usagers et des acteurs de prévention ;
  • en prenant en compte les facteurs environnementaux ;
  • en favorisant les pratiques en réseau et en stimulant les échanges de modèles explicatifs et de pratiques de terrain entre acteurs de secteurs et de disciplines différents.

Travailler sur les représentations

La première étape en matière de mise en œuvre de projets prévention est bien souvent de mettre à plat les représentations des adultes-relais, afin de développer une grammaire commune à tous les membres de l’équipe en vue de renforcer la cohérence de la réponse institutionnelle sur les questions de consommations. De même, lorsque le sujet est abordé avec des jeunes, il importe de partir de leurs représentations et de leur vécu pour arriver à aborder ces questions délicates sans risquer de bloquer le dialogue avec un discours stigmatisant ou dramatisant.

Une démarche positive

Notre approche est « positive » dans le sens où nos actions ne sont pas axées sur le renforcement de la peur ou de la culpabilisation. Dès lors, nous ne tenons pas de discours moralisateurs ni ne diabolisons la consommation de produits. Selon nous, l’interdire ne suffit pas en soi, elle peut même comporter des effets contre-productifs.

A l’inverse, il est donc important d’éduquer et d’accompagner en privilégiant les compétences, les autocontrôles et l’intégration de l’expérience vécue pour donner du sens à ses actions propres. Ce principe fondamental nous permet de travailler la responsabilisation des jeunes dans la juste mesure de son contexte, cherchant (via les adultes relais) à les faire grandir activement dans la compréhension de leurs motivations, dans la gestion de leurs émotions, le développement de leurs ressources et la prise en main de leur santé physique et psychosociale.

Nous sommes tous dépendants

Nous considérons que toute personne est susceptible d’être concernée par les « assuétudes » et que toute personne est « dépendante », à des degrés divers, de son histoire et de son environnement (que ses dépendances soient pathologiques ou non). De ce fait, nos pratiques visent à la fois à augmenter les facteurs de protection tout en réduisant les risques en lien avec les consommations de tout ordre. Nous nous adressons bien à « tout public », toute personne dans sa complexité qu’elle soit usagère ou non.