Dossier : “Pauvreté, contrôle social et (dé)stigmatisation”

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Le cadre est défini de l’extérieur et ce regard ne fait qu’accentuer leur marginalité, leurs différences, leurs écarts par rapport aux normes entre lesquelles évoluent les citoyens “ordinaires” contribuant à ce qu’à la pauvreté économique s’ajoutent le plus souvent les stigmatisations et créant une exclusion multiple ; ces populations en marge se voient attribuer des comportements “négatifs”, “irrévérencieux”, “a-normaux” : violence, consommations de psychotropes, délinquance, économie souterraine, absence de solidarité,… qu’il s’agira de juguler pour le bien de tous. On va donc viser à réduire ces “mauvaises” manières de vivre, tenter d’empêcher leurs effets négatifs en initiant toute une série de projets labellisés “travail social”. Selon le lieu où l’on se trouve, selon le “mandat”, selon les valeurs et l’image de l’homme qui sous-tend la démarche, ces projets vont osciller entre le désir, la volonté de développement, d’émancipation et celui de normalisation, de stabilisation, de contrôle de ces populations.

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Dossier : « économie souterraine ou économie des exclus? » – Tome 2

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Drogue et violence : retour en force d’un mythe contemporain

Il faut rappeler ici avec force que toutes les données épidémiologiques disponibles en Belgique et ailleurs montrent d’une façon éclatante que ce sont les drogues légales qui sont les plus dommageables en termes de santé publique: un peu plus de 40 décès pour les drogues illicites contre plusieurs dizaines de milliers de morts pour les drogues légales que sont l’alcool et le tabac en Belgique. Comme l’ont confirmé plusieurs rapports récents, notamment en France, la dangerosité des drogues n ‘a strictement aucun rapport avec le statut juridique et la toxicité d’une drogue est non seulement/onction de la dose et de l’usage mais surtout de la personnalité et du contexte dans lequel l’usage a lieu. La consommation de drogues, sans distinction juridique, répond.. à des motivations très diversifiées: détente, apaisement, ivresse, stimulation, reliance sociale, automédication, recherche du sens, etc., et il serait préjudiciable de continuer à alimenter le fantasme et le mythe de la drogue/problème. La plupart des consommateurs de drogues, toutes catégories confondues, sont des individus responsables et conscients de leurs limites qui consomment sans problème, les études les plus sérieuses à ce sujet le montrent clairement.

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Conduire ou fumer : Marley, le nouveau Bob? Dossier : « économie souterraine ou économie des exclus? »

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Aborder la question de l’économie souterraine implique le détour obligé d’interroger certaines idées directrices de nos sociétés occidentales. La promotion de ces valeurs de compétition et de consommation induit l’idée que tout (ou presque) est possible, permis. Or dans les faits, le plus souvent, il n’en est rien. En l’absence d’une réussite socioprofessionnelle effective, les signes extérieurs de réussite seront privilégiés car, indicateurs d’accès aux biens de consommation, ces « (in)signes » sont fortement valorisés au niveau social. Et la boucle est bouclée, car comment avoir accès à ces biens de consommation sans emploi stable, avec des revenus faibles et improbables voire inexistants? Comment combler ce vide entre les modèles proposés et l’accessibilité à ces modèles lorsque le « droit chemin » est impraticable?

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